Sans entrer dans un aspect scientifique, le déni est un mécanisme merveilleux qui nous permet de continuer à vitre sans regrets, sans craintes, sans rien de négatif.
Au moment où j’écris ces lignes, je suis dans le déni d’un décès. Il paraît que c’est la première étape du deuil. Elle est pas mal en fait. On n’y pense pas trop, on se change les idées sans trop de culpabilité, on rit même.
Et puis, un peu à l’instar d’Alzheimer, il y a quelques moments de lucidité. Dans ces instants, le déni devient un peu comme une drogue. On en veut plus, parce qu’il est tellement plus aisé de s’échapper et de rêver d’une vie meilleure où tout serait beau et joyeux en permanence. Mais non. Le cerveau humain ne fonctionne pas comme ça. C’est lui qui décide.
Le déni est-il une sorte de remède ? Je pense que oui. Temporairement, en tout cas. Il est nécessaire pour éviter que ce cerveau si bien fait n’implose en réfléchissant à tout ce qui nous touche. Grâce au déni, on peut, jour après jour, se permettre quelques heures de répit tant nécessaires à notre santé mentale. Sans lui, je suis intimement convaincue que nous deviendrions tous fous.
Je pense aussi que, comme toutes les drogues, certains en abusent. L’humain ne gère pas bien les émotions négatives. Il réagit pour en contrer les effets néfastes ou pour les étouffer. Dans le deuxième cas, le déni devient dangereux parce qu’il enferme l’individu dans une bulle l’empêchant de faire face à la dure réalité. Mais ce face-à-face est nécessaire et même vital. C’est en affrontant ces difficultés que l’humain se construit et grandit.
Personnellement, je ne veux pas encore quitter cette phase de déni. Mais quand la suivante arrivera, et elle arrivera vite, je serai prête.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire