dimanche 11 janvier 2015

#Jemmerdecharlie


En ce dimanche 11 janvier 2015 se tient la manifestation pour la liberté d’expression. Des centaines de milliers de personnes (plus d’un million selon les médias) se réunissent aujourd’hui partout en France pour revendiquer leur droit, leur liberté d’expression.

Aujourd’hui se tiennent également de nombreux débats télévisés, débats calmes et respectueux durant lesquels on entend souvent « ne faites pas d’amalgames », « n’oublions pas les autres victimes », etc. Débats justifiés et utiles pour certaines têtes brûlées.

Sur les réseaux sociaux aussi, les débats sont diversifiés. Les mêmes sujets sont abordés et les participants réagissent pour la plupart de manière intelligente, réfléchie et civilisée.

Ce qui m’a cependant frappée, c’est l’apparition d’articles et de posts évoquant une conspiration, un coup monté. Toutefois, ces articles n’ont aucun fondement et aucune source d’informations fiable. De plus, ce genre d’articles fait plutôt transparaître un ras-le-bol de la surmédiatisation des faits du 7 janvier 2015 ainsi que cette envie de se démarquer des autres, qu’une réelle théorie de conspiration. J’ai souvent vu « marre de voir que ça partout ! », « c’est bon, on a compris maintenant », « de toute façon, on parle que de ça, mais on oublie souvent les attentats quotidiens en Syrie, Lybie, Israël et Palestine ». Tous ces statuts sont suivis du hashtag #Jemmerdecharlie.

C’est à ces gens que je voulais répondre.

Premièrement, vous établissez un rapprochement aux autres pays qui subissent des attentats constamment. Vous critiquez le fait que nous n’en parlons pas assez.

Tout d’abord, pensez-vous que nos journalistes soient là-bas en permanence, de manière à nous rapporter, tous les jours, qu’un attentat kamikaze a fait une trentaine de mort dans le centre d’un village perdu au fin fond de la montagne palestinienne ? La réponse est non. Pourquoi ? Un, la Une d’un journal qui est tous les jours identique, ça ne fait pas vendre. Deux, ça n’intéresse personne. C’est cruel, mais c’est comme ça.

D’ailleurs, vous dites vous-mêmes, au bout de trois jours seulement, « marre d’entendre la même chose en boucle ». Vous pensez que si tous les médias parlaient tous les jours des attentats quotidiens dans les pays précédemment cités, vous n’en auriez pas assez ?

Ensuite, les attentats dont vous parlez sont des attentats perpétrés et subis par des individus appartenant à la même communauté. Le reste du monde n’a donc rien à voir avec ces attaques. Je vois mal les médias Syriens, par exemple, parler de la prise d’otages de l’Intermarché de Marcinelle du 13 août 2014. Vous croyez que la Lybie a demandé une minute de silence après que Kim De Gelder a tué froidement deux bébés et une femme dans la crèche Fabeltjesland à Termonde en janvier 2009 ? Ça ne vous dit peut-être même rien.

Arrêtez donc de vous prendre pour les pourfendeurs de l’injustice subie par les victimes de ces attentats, et soyez honnêtes. Vous savez me dire ce qu’il s’est passé dernièrement au Togo ? Merci.

Les attentats qui ont marqué le monde depuis le 11 septembre 2001 jusqu’à aujourd’hui sont des attentats perpétrés par des fanatiques appartenant à une communauté religieuse totalement nouvelle, dont ils se revendiquent les judicieux créateurs, et nous touchent au plus profond de nos valeurs. Ces attentats sont proches de nous, touchent des amis, des connaissances, des voisins. Incapables d'exprimer quoi que ce soit, ces enragés lancent des attaques sanglantes, ils visent nos croyances, notre culture, nos droits, nos libertés. Ces attentats ne sont pas plus importants que les autres, mais leur impact sur nos vies est d’une bien plus grande envergure.

Je vous demande donc d’arrêter de vous voiler la face (pardonnez-moi l’expression) et d’être honnêtes avec vous-mêmes. Si vous êtes capables de me dire ce qu’il s’est dernièrement passé au Lesotho sans aller consulter quelconque source d’informations, félicitations, vous être prêts pour vous engager dans une cause humanitaire. Si pas, arrêtez d’essayer de vous distinguer des autres simplement parce que vous êtes à part et parce qu’un jour quelqu’un vous a dit : « tu es spécial(e), n’oublie jamais ça ». Vous n’êtes pas plus spéciaux que moi. Vous êtes, comme moi, un individu qui a sa propre personnalité et sa propre manière de penser, rien de plus.

Deuxièmement, vous parlez de conspiration, de coup monté.

Vous aussi, vous avez vu ces vidéos et articles reprenant des éléments des attentats qui ne collent pas ? Les rétroviseurs de la Citroën C3 étaient blancs puis apparaissent noirs ? Les djihadistes n’oublient pas de ramasser la chaussure qu’ils ont fait tomber, mais laissent cette fameuse carte d’identité dans le véhicule ? Les journalistes sur le toit prêts à filmer ? L’intervention des médias avant même celle des services de secours ? « Comme par hasard », certains dirigeants ont besoin de redorer un peu leur blason, c’est une bonne occasion ?

Je vous en prie, tout a évidemment été orchestré ! Sauf que les maestros sont également les acteurs de cette tragédie. Ils ont déclaré eux-mêmes désirer mourir en martyrs. Comment ne pas mieux accéder à cette dernière volonté que de se faire traquer comme une bête pour finir en gruyère sous l’impact des dizaines de balles tirées par ces racistes de Français ?

Au lieu d’essayer de sortir du lot en vous disant « ouais, moi, j’y crois pas, je ne suis pas un mouton de Panurge, je ne suivrai pas ce mouvement d’idiots qui gobent tout ce qu’on leur dit », essayez justement de vous informer un peu et de réfléchir un peu.

Je ne vous demande pas de montrer quelconque forme de respect envers les victimes des évènements survenus cette semaine, ce n’est pas ma place, mais je vous demande simplement de réfléchir et de faire preuve d’un peu plus de jugeote.

Enfin, ce hashtag, vous pensez sincèrement qu’il est d’usage ? C’est en réagissant de cette manière que vous passez pour des hipsters demeurés qui n’ont pas un gramme de neurones dans le ciboulot.

La liberté d’expression est un droit, un devoir fondamental. Chacun a le droit de parole, même si c’est pour dire d’immondes idioties. Et je le respecte. Je préfère vous entendre dire des imbécilités que de vous voir brandir des armes parce que les mots vous manquent. Je préfère entendre vos jérémiades parce que vous n’arrivez pas formuler votre frustration que de vous voir descendre dans la rue en vue de prendre un bain d’hémoglobine. Je préfère vous voir faire couler de l’encre que du sang.

Je suis Sarah, alias, Charlie, et je vous emmerde.


Comment je suis devenue Charlie



Mardi 6 janvier 2015

Je suis Sarah. Je rentre du boulot, il est 17h30. Je dis bonjour à mes parents, on mange la galette des rois. Pas de chance, je ne l’ai pas gagnée. Ce sera pour l’année prochaine.

Mercredi 7 janvier 2015

Je suis Sarah. Je pars au boulot, il est 6h30. J’écoute la radio en maudissant les files qui se forment sur le ring de Bruxelles.

J’arrive au boulot, il est 7h50. Je m’installe et je commence à travailler. Peu après, un collègue me demande ce qu’est Charlie Hebdo. Il est Flamand et ne connaît pas le journal satirique. Je lui explique donc ce qu’est Charlie Hebdo, pour entendre de sa bouche qu’il n’est plus. Une fusillade a eu lieu, les quatre piliers du canard et huit autres personnes ont perdu la vie.

Je ne me rends pas tout de suite compte des répercussions que cet acte barbare aura dans les heures, les jours à suivre. Au fil de la journée, les informations circulent, elles sont relayées par les réseaux sociaux à la vitesse de l’éclair.

Je rentre du boulot, il est 17h30. Je dis bonjour à mes parents, on passe à table. Je m’installe dans le divan et scrute le net et les journaux télévisés en quête d’informations supplémentaires, de vérité.

Ce soir, je suis devenue Charlie.

Jeudi 8 janvier 2015

Une nouvelle fusillade a lieu dans les rues de Paris. Une policière est mortellement touchée, un troisième homme se rend complice du crime contre la liberté d’expression originellement perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo.

Aujourd’hui, la chasse commence.

Vendredi 9 janvier 2015

Je pars au boulot, il est 6h30. J’allume la radio, espérant entendre que la chasse à l’homme a pris fin, révélant une issue funeste pour les trois assassins et une fin heureuse pour tout un pays, tenu en haleine depuis deux jours.Tout au long de la journée, j’attends une notification qui me fera sourire. En vain.

Je pars du boulot, il est 16h30. J’allume la radio. Flash info : deux prises d’otages sont en cours. Mon cœur se met à battre très vite, et je me rends compte, horrifiée, que rien n’est terminé. Les journalistes sur place sont aux aguets et tentent tant bien que mal d’informer leurs auditeurs, qui suivent de près l'évolution de la situation depuis les attentats du 7 janvier 2015.

Au fil des reportages, j’entends des détonations, des coups de feu, des cris. Les journalistes cèdent à la panique l’espace de quelques secondes, avant de reprendre un ton professionnel et posé. Ils s’accordent tous à dire « l’assaut final est lancé », « les forces de l’ordre mettent fin à une traque de trois jours », etc. J’ai à ce moment-là une boule au ventre et les larmes aux yeux. Des larmes de peur, de frustration, de joie, de colère, de tristesse, d’indignation, d’impuissance coulent sur me joues.

À ce moment-là, je suis triste d'apprendre que quatre otages ont perdu la vie dans le chapitre final des attentats du 7 janvier 2015, mais je suis également soulagée de voir ces trois sauvages rejoindre l’enfer qu’ils redoutaient tant. À ce moment-là, je suis contente de les voir punis, de les voir mourir au nom d'une religion qu'ils ont purement et simplement inventée. À ce moment-là, je suis contente qu’ils aient payé le prix de leurs actes. À ce moment-là, je suis Charlie.




Sarah, alias Charlie. 


vendredi 30 mai 2014

Je vous fais un soin ?

Aujourd'hui, je suis allée chez le coiffeur. Déjà la dernière fois, pendant que j'attendais, je m'étais dit : "'y a de quoi faire un article assez sympa, en fait". Du coup, pour mon premier article depuis presque un an (je m'excuse d'ailleurs auprès de vous et moi-même), quoi de mieux qu'une petite liste.
 
Pendant les quarante cinq minutes d'attente (il faut le dire, c'est toujours quarante cinq minutes d'attente chez les coiffeurs qui ne prennent pas de rendez-vous), j'ai donc rédigé une liste non exhaustive des membres les plus représentatifs de la Team Coiffure.
 
Il y a tout d'abord la coiffeuse "normale". C'est elle qui vous annonce le temps d'attente. Elle est très professionnelle, vous propose un café en vous tendant un magazine avec des coupes improbables qui ne vous iront de toute façon pas. Elle vous parle un peu pour dire que vous ne vous endormiez pas et vous fait passer à la caisse.
 
 
 
Ensuite, il y a la coiffeuse qui a toujours une coupe farfelue "mais ça lui va trop bien, en fait !", du style cheveux rouges avec des mèches jaunes et noires (allez les Diaaaaaaables !). Celle-là va respecter vos choix tout en vos proposant un petit grain de folie dans votre coupe on ne peut plus banale. Elle est sympathique et vous parle pour éviter qu'elle ne s'endorme.
 
 
 

 
 
 
Puis, il y a LE coiffeur gay. J'emphase parce qu'il est souvent le seul homme de l'équipe. Lui, il est souvent coiffé à la mode et possède plus de bagues que de doigts. Et s'il n'a qu'une bague, il la porte forcément au pouce. Lui va vous conseiller le plus possible en réfléchissant à sa nouvelle œuvre d'art. Il va parler avec vous pour assouvir sa curiosité, tout en pimentant la conversation avec des expériences personnelles dont vous vous seriez bien passé.
 
 
 


Il y a aussi l'énergique. Elle, elle va vous passer la tête sous de l'eau trop chaude, vous arracher la tête avec la brosse, vous donner des coups de sèche-cheveux tout en vous demandant si ça va. Et comme le complexe du coiffeur s'apparente fortement au complexe de la femme de ménage, vous crevez de mal, ça vous énerve, mais vous répondez toujours par très poli "non, non, ça va", le sourire forcé et la larme à l'œil.
 
 
 

Parfois, il y a un autre homme. Lui ressemble assez à la coiffeuse normale, il a souvent une coupe qu'il lui donne un air de séducteur et il sent très bon. Vous êtes souvent sous le charme, et si vous lui plaisez physiquement, il vous posera quelques petites questions. Si vous ne lui plaisez pas, vous aurez juste droit à des phrases bateau pendant les cinq premières minutes du genre "et vous venez d'où ?", "vous faites quoi dans la vie ?" et puis basta.
 
Et pour terminer, il y a la stagiaire. Elle, elle a le droit de faire les shampooings, de remettre les essuies et de vous apporter le café ou la fameuse coupe de champagne offerte à Noël et à Nouvel An. Elle est très gentille parce qu'elle n'a pas vraiment d'autre choix. Et ça tombe bien parce que se faire coiffer, ça donne soif. Stagiaire ! Un petit verre !
 
Évidemment, s'il existe une Team Coiffure, il existe également une Team Coiffés.
 
Là aussi, il y a les clients normaux. Ces clients qui attendent patiemment leur tour, qui sont font coiffer, discutent un peu, font trois petits tours et puis s'en vont.
 
Puis, on a le beau gosse. Il arrive et se pavane, en sachant qu'il ressortira avec la coupe de Cristiano Ronaldo et que tout le monde le regardera. Celui-là, il s'admire dans le miroir et tape discut' avec la coiffeuse qu'il trouve "très charmante".
 
Ensuite, il y a les familles qui optent pour le tarif "tournée générale". Le père, la mère, les deux gosses, le chien, le hamster, la perruche de la petite, et parfois la grand-mère. Ceux-là, ils sont chiants parce qu'ils ajoutent une heure aux quarante cinq minutes d'attente initiales et parce que les gosses emmerdent tout le monde (cfr. "J'aime les enfants").
 




Puis, il y a celle qui ajoute encore trente minutes au temps d'attente parce que madame vient refaire sa couleur, un balayage, son antenne parabolique, une coupe, un brushing et demande quinze cafés pendant les trois heures qu'elle passe au salon. "Je vous mets un peu de laque ?" signifie avec elle "j'enfume tout le salon pour que vous sortiez toute belle et que vous le restiez au moins pendant deux minutes ?".
 
 
 
Enfin bref, une visite chez le coiffeur vous fait rencontrer de belles personnes, mais vous fait remarquer certaines fatalités aussi. Non, en fait, il s'agit d'une seule fatalité. Je l'ai évoqué plus tôt, il s'agit du complexe de la femme de ménage. Ce complexe est très simple : on n'ose jamais lui dire ce qu'on pense réellement, même si ce qu'elle fait est emmerdant.
 
Le complexe du coiffeur, c'est pareil. On n'est jamais satisfait à cent pour cent, mais c'est pas grave, le résultat est assez proche de ce qu'on attendait. Du coup, on laisse couler. On a mal, mais ça ne dure pas longtemps. Du coup, on mord sur sa chique.
 
Exemples :
 
Le moment où vous passez au shampooing et que cette saloperie d'évier vous enfonce les cervicales, mais vous n'osez pas trop bouger. Et on sait toujours pas pourquoi.
 
Le moment où vous avez la tête sous l'eau. Cette eau n'est jamais à bonne température, mais vous répondez à chaque fois "non, ça ne me dérange pas" quand la coiffeuse vous demande si elle ne vous ébouillante pas.
 
Le moment où la coiffeuse énergique vient de vous scalper, mais vous répondez en riant jaune "haha, il faut souffrir pour être belle, non ?" et où vous pensez "MAIS T'ES COMPLÈTEMENT MALADE OU QUOI ?!"
 
 
 
 
Le moment interminable pendant lequel la coiffeuse vous montre l'arrière de votre tête avec le fameux miroir. En général, vous hochez la tête pendant les dix plus longues secondes de votre vie en vous disant "ouais, ça va, c'est joli" ou "oh merde, c'est pas ça que je voulais ! Je lui avais dit cinq centimètres ! Bah, on n'a pas le même système métrique apparemment."
 
 
 
 
 
 
 
 
Finalement, chez le coiffeur, le seul moment réellement agréable, c'est lorsque vous avez droit au massage du cuir chevelu. Ajoutons tout de même que bien que vous vous reteniez de faire un bruit fortement bizarre et gênant, la coiffeuse se rend bien compte que vous kiffez à fond.
 
Que j'aime le coiffeur.
 
Chouk@




 

jeudi 4 juillet 2013

Le Roi, la Loi, la Liberté

En 2013, on retiendra pas mal de choses, surtout sur le plan royal. En effet, après la famille d'Orange, c'est au tour de la famille de Saxe-Cobourg et Gotha d'être au centre des médias. C'est à présent officiel, le Roi Albert II de Belgique prend sa retraite. Il laisse son trône à son fils aîné, le Prince Philippe, qui devient ainsi le futur roi des Belges.



Albert II est l'un des rois belges les plus appréciés de son peuple. Sa personnalité sympathique, douce et joviale a fait du roi que l'on n'attendait pas celui que tout le monde adore. Jamais à l'abri d'un fou rire, Albert a su se faire une place dans le cœur des Belges durant ses vingt années de règne. Notre roi a toujours réussi à calmer les esprits en temps de crise, à redonner espoir lorsque la Belgique baissait les bras, mais surtout, il a toujours réussi à nous faire sentir belges avant tout. Il s'est toujours exprimé dans les trois langues officielles du pays, faisant de lui un roi belge, et non francophone, comme le maintiennent ses détracteurs. Il a toujours représenté l'unité du pays, les liens entre les Belges, le sentiment d'appartenance à notre nation.

Cependant, S.M. le roi Albert II arrive à la fin d'une ère. Il a décidé de laisser place à son fils aîné, Philippe. Contrairement à son frère Laurent, Philippe s'est toujours tenu à l'écart des ennuis et a toujours donné l'image du parfait successeur au souverain. Il est devenu une représentation parfaite du fils modèle, représentation qui s'est renforcée le jour où il lia son destin à celui de Mathilde. Toutefois, l'héritier au trône n'a pas toujours été très aimé. En cause, son air sévère, son sérieux inébranlable, et la distance qu'il semblait maintenir entre sa famille et le peuple. Le couple modèle qu'il forme avec Mathilde devenait petit-à-petit un couple froid et irritant. Le voir monter sur le trône royal n'en réjouissait que très peu, et la tâche n'allait donc pas être aisée pour ce prince mal-aimé. C'était sans compter le coup de pouce du futur ex-roi. En effet, ces derniers mois, Albert a envoyé Philippe en mission, fait rarissime dans le passé. Philippe a tout doucement repris les rênes et a ainsi eu l'occasion de redorer son blason. Tactique payante pour la famille royale, c'est une situation win-win où le prince regagne le cœur des Belges et où les Belges regagnent confiance en leur futur roi.

Philippe, qui, peut-être par la force des choses, ressemble de plus en plus à son père, va néanmoins devoir redoubler d'effort pour s'imposer en roi. Malheureusement, la conjoncture actuelle ne permettant aucune marge d'erreur, le futur roi va devoir jouer d'ingéniosité pour se faire accepter. Les partis anti-monarchie ne seront pas tendre avec la famille royale, profitant de ce moment de flottement pour attaquer. Les prochains mois nous montreront la capacité de Philippe à s'adapter ainsi qu'à assumer son rôle de souverain. Les prochains jours nous en apprendront certainement plus sur l'avenir du petit prince devenu roi.


Le Roi Albert II, qui vit ses derniers jours en tant que souverain, cédera donc sa place à son fils le jour de la fête nationale, le 21 juillet. Nous n'avons plus que quelques jours à attendre avant de nous réunir pour montrer notre unité, l'unité de notre Belgique.



Et pour être sûre que tout le monde sache quoi chanter le 21, voici la Brabançonne en français et en néerlandais.






Chouk@

lundi 27 mai 2013

"Y a pas d'cerveau chez les idiots"

Il est grand temps que j'aborde le sujet. J'en ai assez d'entendre toujours la même chose et de voir que les gens ne veulent pas comprendre.  Je vous explique : aujourd'hui se tenait, espérons-le, la dernière manifestation contre le mariage pour tous en France. Pourtant, la loi a été votée et le mariage légalisé. Cela n'empêche pas les partis de droite et extrémistes d'exiger que cette loi soit revotée en 2014, lors des élections municipales. À croire que les Français conservateurs et opposés à  l'évolution des mœurs de la société n'ont pas compris - ou ne veulent - pas comprendre qu'ils auront beau danser sur leur tête, ça ne changera rien. 

J'en ai assez d'entendre la même chose depuis des mois. J'en ai assez de ces slogans débiles ("Y a pas d'ovule dans les testicules", "Non au 'mariage' homo, sauvons la famille" et autres). J'en ai assez de voir des conformistes et des pseudo-catholiques refuser de laisser les gens en paix. J'en ai assez de cette République qui s'est battue pour la liberté en 1789 et qui revendique tous les jours que l'Hexagone a pour unique leitmotiv "Liberté, Égalité, Fraternité" alors que cette phrase aujourd'hui désuète est bafouée tous les jours. J'en ai assez de ces Français qui se tirent dans les pattes, qui se ridiculisent sans l'aide de personne et qui prennent tous les autres de haut malgré tout ça. J'en ai assez de ces idiots sectaires.

Bon, maintenant que je suis calmée, je vais me recentrer sur le but premier de cet article. J'ai en fait une simple question rhétorique qui me trotte dans la tête depuis plusieurs mois. Mais qu'est-ce que ça peut bien leur faire que deux personnes qui s'aiment se marient et adoptent des enfants ? Après un débat houleux avec mon père, je me suis posée cette question et je me suis dit que c'était peut-être un problème générationnel. Ce n'est pas un problème lié à l'éducation, puisque mon point de vue est diamétralement opposé à celui de mon père qui m'a pourtant élevé avec ma mère qui, elle, a une opinion mitigée. 

Je pense que les mentalités et les générations évoluent, et qu'il faut s'adapter à son temps. C'est bien évidemment toujours plus facile à dire qu'à faire, mais c'est nécessaire. La majorité de ma génération (les années 1990) est ouverte à l'idée que des homosexuels se marient et adoptent des enfants. Je pense même qu'on s'en fout pas mal, puisque ce n'est pas notre vie, cela ne nous regarde pas. Voilà, c'est là où je veux en venir. Cela ne regarde personne, mises à part les personnes directement concernées. Chacun a le droit à une vie privée respectable et respectée, que leurs choix liés à leur orientation sexuelle soient ou non entrés dans les mœurs et dans les bonnes grâces des décideurs. Mais des décideurs de quoi, au juste ? Ils n'ont pas le droit de prendre des décisions qui ont une influence directe sur la vie personnelle des gens. Comme je l'ai dit plus haut, chacun a le droit à une vie respectable et respectée. 



Ce qui me gêne, c'est la stupidité du raisonnement. Et des arguments. Je vous explique. Prenons un simple exemple. Je suis une femme hétérosexuelle et je suis en couple avec un homme hétérosexuel. Lui est plutôt du matin, moi du soir. Il préfère la lumière tamisée, je préfère les bougies. Il préfère garder ses chaussettes, je préfère mettre un bandeau de nuit. Il préfère écouter Justin Bieber, je lui mets une claque, le menace de le quitter et on écoute Passenger. Voilà le topo. Après disons un an, il me fait sa demande. Là, on me dit : "Mademoiselle, vous ne pouvez vous mariez avec cet homme, il garde ses chaussettes pendant les moments intimes.". "Et alors ? Il veut écouter Justin Bieber. Ça, ça devrait être interdit !". "Mademoiselle, désolé, mais vous ne pouvez vous marier avec cet homme, c'est illégal". Sous quel prétexte ?

Maintenant, modifions quelque peu cet exemple. Je suis une femme homosexuelle et je suis en couple avec une femme homosexuelle. Elle est plutôt du matin, moi du soir. Elle préfère la lumière tamisée, je préfère les bougies. Elle préfère garder ses chaussettes, je préfère mettre un bandeau de nuit. Elle préfère écouter Justin Bieber, je lui mets une claque, la menace de la quitter et on écoute Passenger. Voilà le topo. Après, disons, un an, elle me fait sa demande. Là, on me dit : "Mademoiselle, vous ne pouvez vous mariez avec cette femme, c'est illégal". Sous quel prétexte ?

Cet homme hétérosexuel et cette femme homosexuelle ont les mêmes défauts, mais l'un d'entre eux est considéré comme une faute grave allant à l'encontre de la bienséance française: ils sont aimés par une femme, dans ce cas-ci. Pourtant, tout est identique. Sauf le raisonnement. Raisonnement selon lequel une femme ne peut en aimer une autre et se marier, et un homme ne peut en aimer un autre et officialiser leur union. Pourquoi, au fait ? Parce que ça gêne. Voilà la stupidité du raisonnement et de l'argument, parce que j'ai dit plus haut qu'il y en avait plusieurs, mais ce n'est pas le cas. Il n'y a qu'un seul argument qui est décliné sous plusieurs formes: "ça ne se fait pas", "c'est pas normal", "c'est contre nature", "c'est immoral", etc. Ils n'en restent pas mois des "arguments" sans fondement.

Je n'essaye pas d'argumenter de mon côté, je sais que je suis partie pour la gloire si je le fais. Les personnes qui avancent ces excuses sont des personnes fermées et qui n'ont pas la même mentalité, qui ne sont pas de la même génération. Et je ne leur en veux pas. Chacun son point de vue. Ce que je ne supporte pas, c'est que l'ont veuille empêcher des gens qui s'aiment de le montrer à tout le monde, comme les couples hétérosexuels le font. Mon unique réponse est : "Et alors ? Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Tu vis avec eux ? Tu vis chez eux ? Dans ce cas, fous-leur la paix". Nous n'avons aucune raison de ne nous immiscer dans la vie des autres, quel qu'en soit le motif.



L'autre sujet épineux, et qui irrite tout particulièrement les Français (je parle d'eux dans ce cas-ci, mais ils ne sont pas les seuls), c'est les enfants. Vous avez certainement déjà entendu cette phrase à maintes reprises : "Moi le mariage homo, ça va, mais l'adoption, je suis contre." Je réitère ma question. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça peut bien faire ? À ma question, beaucoup répondent : "Mais enfin, imagine un peu les moqueries à l'école ! Et comment ils font à la maison ? Qui fait maman, qui fait papa ?". 

Premièrement, c'est rébarbatif, mais qu'est-ce que ça peut faire ? C'est de l'ordre de la vie privée. Ce que nous faisons chez nous, les personnes avec qui nous avons des relations, le job que nous faisons, la famille que l'on ne choisit pas, tout ça, ça ne regarde que nous et personne d'autre.

Deuxièmement, les gosses se font chahuter à l'école tous les jours pour tout et n'importe quoi. Qu'ils aient un surpoids, qu'ils soient roux, qu'ils portent des lunettes, qu'ils aient un long nez, qu'ils aient les yeux bridés ou qu'ils n'aient pas les derniers gadgets à la mode, dans la cour de récré, les enfants sont toujours des cibles. Ils n'ont pas besoin d'avoir des parents hétéros pour y échapper.

Troisièmement, les stéréotypes sont faits pour se rassurer. "Qui fait papa et qui fait maman" est un cliché auquel, nous, les hétéros, avons pensé à un moment. Il est normal de se poser des questions sur ce que l'on ne connaît pas. En revanche, il est moins normal de juger sans connaître. De plus, dans cette histoire, les clichés sont en partie responsables des diverses interdictions relatives à l'homosexualité. N'oublions pas qu'un enfant a besoin de deux parents qui s'aiment avant toute chose. Qu'est-il préférable d'offrir à un enfant ? Des parents hétéros qui se tapent dessus parce qu'ils boivent trop, se drogue à outrance et ne savent plus s'occuper de leur famille ? Ou des parents qui s'aiment, qui ont leurs difficultés, mais qui font tout pour garder l'équilibre et le cocon familial intacts, qu'ils soient hétéros ou homos ? 

Je pense que vous avez compris mon point de vue. Il est grand tant que dans nos prétendues démocraties, on laisse les gens en paix. Peu importe leur race, leur orientation sexuelle ou le nombre de leurs dents. Interdire à quelqu'un de se marier parce qu'il aime une autre personne est purement et simplement de la dictature. La démocratie est une utopie qui ne sera peut-être jamais atteinte tant que certains hommes ne seront plus faussement altruistes et vraiment égoïstes.

Et comme je l'ai dit sur mon tumblr, au slogan "Y a pas d'ovule dans les testicules", j'envoie le mien : "Y a pas de cerveaux chez les idiots". Et pourtant, on en fait pas tout un plat.

Chouk@